BNSSA en poste : le matériel de secourisme indispensable pour réaliser un vrai bilan PSE
Quand un titulaire du BNSSA travaille en surveillance aquatique, il n’est pas seulement chargé de regarder l’eau. Il est aussi secouriste PSE et doit pouvoir agir face à une victime : protéger, examiner, réaliser un bilan, alerter et transmettre des informations utiles.
Trop souvent, les sauveteurs aquatiques découvrent le matériel au moment où ils en ont besoin. Pourtant, en situation réelle, chaque minute compte. Le matériel de secourisme doit être accessible, vérifié, connu et cohérent avec les compétences PSE.
Un BNSSA en poste doit pouvoir faire plus que surveiller
La surveillance aquatique ne s’arrête pas au sauvetage dans l’eau. Une fois la victime sortie de l’eau, ou lorsqu’un malaise, une chute, une plaie, une détresse respiratoire, une suspicion de traumatisme ou un arrêt cardiaque survient, le BNSSA doit entrer dans une logique de secours à la personne.
Cela signifie qu’il doit être capable de réaliser un bilan structuré : rechercher ce qui s’est passé, observer la victime, évaluer les fonctions vitales, mesurer certains paramètres, noter l’évolution et transmettre clairement les informations.
Le matériel n’est donc pas un simple “stock” dans une armoire. Il sert à rendre l’intervention plus efficace, plus structurée et plus utile pour les secours qui prendront le relais.
Le bilan PSE : le cœur du secours à la personne
Le bilan permet de comprendre rapidement la situation, d’identifier les signes importants, de surveiller l’évolution de la victime et de transmettre une information claire aux secours.
Pour un BNSSA en poste, connaître le bilan PSE est essentiel. Il ne suffit pas de dire “la victime ne va pas bien”. Il faut être capable de préciser ce qui est observé, ce qui est mesuré, ce qui a été fait et comment l’état évolue.
Observer
Conscience, respiration, coloration, comportement, plainte, douleur, contexte et évolution.
Mesurer
Fréquence respiratoire, pouls, SpO₂, température, tension artérielle et glycémie.
Transmettre
Donner une alerte claire, structurée et utile aux secours ou au responsable du dispositif.
Checklist : le matériel de secourisme utile au BNSSA
| Famille de matériel | Exemples utiles en poste | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Protection et hygiène | Gants, masques, protection oculaire si nécessaire, solution hydroalcoolique, désinfection, sacs déchets, collecteur adapté si prévu. | Protéger le sauveteur, la victime et limiter les risques de contamination. |
| Bilan PSE | Fiche bilan, stylo, montre, oxymètre de pouls, thermomètre, tensiomètre, matériel de glycémie. | Objectiver l’état de la victime, suivre son évolution et transmettre des informations fiables. |
| Urgence vitale | DAE, insufflateur manuel, masques adaptés, oxygène, canules oropharyngées, aspirateur de mucosités si prévu, protections pour ventilation. | Intervenir rapidement face à une détresse vitale selon les compétences PSE et les procédures du site. |
| Traumatologie et immobilisation | Compresses, pansements, bandes, pansement compressif, couverture de survie, froid, attelles, colliers cervicaux, matériel d’immobilisation. | Prendre en charge les plaies, douleurs, traumatismes, suspicions de rachis ou situations d’attente avant relais. |
| Communication | Téléphone, radio, numéros d’urgence, procédure d’alerte, plan du site, accès secours. | Alerter vite, guider les secours et coordonner l’intervention avec l’équipe. |
| Documents du poste | POSS si concerné, consignes, registre d’intervention, règlement, plan de surveillance, procédures internes, fiches de vérification. | Connaître l’organisation prévue, les rôles de chacun et les conduites à tenir. |
Le matériel de bilan : objectiver l’état de la victime
Fiche bilan et stylo
Le bilan doit être noté, organisé et transmissible. Une fiche permet de structurer les informations : circonstances, plainte, signes observés, constantes, gestes réalisés et évolution.
Oxymètre de pouls
L’oxymètre permet d’obtenir une indication de saturation en oxygène et de fréquence du pouls. Il aide au bilan, mais ne remplace jamais l’observation de la respiration, de la conscience et de la coloration.
Température, tension et glycémie
Le thermomètre, le tensiomètre et le matériel de glycémie permettent de compléter le bilan secouriste. Ces mesures aident à objectiver l’état de la victime et à transmettre des informations plus précises aux secours.
Le DAE : présent, accessible et vérifié
Le défibrillateur automatisé externe est un matériel majeur en cas d’arrêt cardiaque. Mais sa simple présence ne suffit pas. Le BNSSA doit savoir où il se trouve, comment y accéder rapidement, comment l’utiliser et comment le remettre en disponibilité selon les procédures du site.
Avant l’ouverture au public, il est indispensable de vérifier que le DAE est accessible, que les témoins de fonctionnement sont conformes, que les électrodes sont présentes et que la batterie est opérationnelle selon les consignes du fabricant et du responsable du site.
Oxygène, ventilation, canules : connaître le matériel d’urgence vitale
Oxygénothérapie
Si le poste est équipé, le BNSSA secouriste doit connaître l’emplacement de l’oxygène, les dispositifs disponibles, les consignes d’utilisation, l’autonomie et la procédure de vérification.
Insufflateur manuel
L’insufflateur manuel et les masques adaptés doivent être connus, accessibles et vérifiés. Ils peuvent être nécessaires face à une détresse respiratoire ou un arrêt cardiaque.
Canules oropharyngées
Les canules oropharyngées peuvent faire partie du matériel prévu dans le cadre PSE. Leur utilisation doit correspondre aux compétences apprises, aux consignes PSE et aux procédures du site.
Aspiration de mucosités
L’aspirateur de mucosités, lorsqu’il est prévu, doit être localisé, vérifié et connu. Il peut être important face à des vomissements, sécrétions ou encombrements des voies aériennes.
Protections de ventilation
Masques, filtres et protections prévues pour la ventilation doivent être disponibles afin de protéger la victime et le sauveteur pendant les gestes de secours.
Contrôle du matériel vital
Le matériel d’urgence vitale ne doit pas seulement être présent. Il doit être accessible, complet, propre, opérationnel et connu de l’équipe de surveillance.
Traumatologie : ne pas oublier l’immobilisation
Plaies et saignements
Compresses, pansements, bandes, matériel de protection et pansements compressifs doivent être accessibles pour traiter les situations courantes sans improviser.
Attelles et colliers cervicaux
Attelles, colliers cervicaux, bandes, froid et matériel d’immobilisation doivent être connus et accessibles. En contexte aquatique, une chute, un plongeon ou une douleur cervicale doivent être pris au sérieux.
Protection thermique
Une couverture de survie ou un moyen de protection thermique peut être essentiel après une sortie de l’eau, un malaise ou une situation d’attente des secours.
Matériel d’alerte : la communication fait partie du secours
Un bon bilan ne sert à rien s’il n’est pas transmis efficacement. Le BNSSA doit connaître les moyens de communication à sa disposition : téléphone, radio, liaison avec l’accueil, chef de bassin, poste de secours, responsables du site ou services d’urgence.
Il doit aussi connaître les informations à transmettre : localisation précise, nature de l’événement, nombre de victimes, état de la victime, gestes réalisés, évolution et accès à privilégier pour les secours.
Avant l’ouverture : la vérification du poste
À vérifier avant la surveillance
- emplacement et accessibilité du DAE ;
- présence des électrodes et état de fonctionnement ;
- accès à l’oxygène si prévu ;
- présence de l’insufflateur manuel et des masques ;
- présence des canules oropharyngées ;
- présence de l’aspiration de mucosités si prévue ;
- disponibilité de l’oxymètre de pouls ;
- disponibilité du tensiomètre ;
- disponibilité du matériel de glycémie ;
- présence des attelles et colliers cervicaux ;
- présence des fiches bilan ;
- état de la trousse de secours ;
- moyens d’alerte fonctionnels.
À connaître avant de prendre son poste
- procédure d’alerte ;
- numéros utiles ;
- accès secours ;
- rôle de chaque membre de l’équipe ;
- consignes du POSS ou du site ;
- registre d’intervention ;
- lieu de stockage du matériel ;
- modalités de réapprovisionnement ;
- procédure après utilisation du matériel.
Ce que les BNSSA oublient souvent de vérifier
Dates et consommables
Électrodes de DAE, consommables de premiers secours, matériel stérile, batteries et accessoires doivent être contrôlés régulièrement selon les procédures du site.
Emplacement réel
Savoir que le matériel existe ne suffit pas. Le sauveteur doit savoir précisément où il est rangé et comment y accéder rapidement.
Procédure après intervention
Après utilisation, certains matériels doivent être remplacés, nettoyés, remis en état ou signalés. Le poste doit rester opérationnel pour l’intervention suivante.
Former des BNSSA sérieux, c’est aussi parler du matériel
Un candidat BNSSA doit réussir des épreuves, mais un sauveteur aquatique en poste doit aussi savoir travailler dans un environnement réel : poste de secours, matériel, alerte, bilan, organisation et procédures.
C’est pour cela qu’il est important de sensibiliser les futurs sauveteurs au matériel de secourisme. Savoir où il est, à quoi il sert, comment le vérifier et comment l’intégrer dans le bilan fait partie d’une culture professionnelle sérieuse.
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Un BNSSA bien préparé connaît aussi son matériel
Bilan PSE, DAE, oxymètre, tensiomètre, glycémie, oxygène, canules, colliers cervicaux, fiches bilan et moyens d’alerte : le sauveteur aquatique doit savoir travailler avec méthode dans un vrai poste de secours.